(Le Soleil-MC) - Un homme de 67 ans, Jean-Jacques Rousseau, a été condamné hier à quatre ans de pénitencier pour avoir violé à de nombreuses reprises, durant une période de huit ans, la fillette de sa conjointe pendant qu’elle était âgée de 7 à 14 ans.
Le sexagénaire reconnaissait avoir commis un certain nombre de crimes, mais il niait les plus graves, ceux lors desquels il y a eu pénétration pénienne.
Au terme de son procès, la juge Hélène Bouillon l’a déclaré coupable de l’ensemble des infractions commises, il y a une trentaine d’années, à Rimouski, Mont-Joli et Saint-Valérien.
La fillette a commencé à subir sur tout son corps les caresses du nouveau conjoint de sa mère entre les âges de sept et 11 ans. Il arrivait aussi à Rousseau de contraindre la victime à baisser son pantalon et, pendant ce temps, il se masturbait. Avant d’en arriver aux pénétrations péniennes, lorsque la fillette a eu 12 ans, le pédophile sans antécédents judiciaires lui introduisait plutôt les doigts dans le vagin.
Pourtant, Rousseau ne se reconnaissait aucun problème particulier et il ne considérait pas présenter un risque de récidive. Les professionnels qui l’ont rencontré pour son évaluation ont aussi estimé que les risques sont faibles.
Dans une lettre qu’il a rédigée afin de demander pardon à sa victime, Rousseau a exprimé des regrets pour ses gestes et il a décrit les difficultés qu’ils ont engendrées pour lui. Pour tenter de comprendre ses propres gestes, le sexagénaire a consulté un psychologue.
La juge Bouillon a reconnu que les nombreux gestes déviants de l’accusé ont eu des conséquences graves pour la victime maintenant âgée de 38 ans.
Soulignant que Rousseau a profité de sa position d’autorité pour agresser sexuellement la fillette, la juge a accepté de lui imposer la peine de quatre ans qu’avait réclamée la procureure de la Couronne, Me Sarah-Julie Chicoine, alors que l’avocat de l’individu, Me Marc Gobeil, estimait qu’une peine de moins de deux ans avec sursis aurait suffi.
De plus, le pédophile a dû se soumettre à un prélèvement d’échantillons de substances corporelles pour analyse génétique et, durant 20 ans, il devra se conformer à la Loi sur l’enregistrement de renseignements sur les délinquants sexuels.
L’individu s’est en outre vu interdire durant 10 ans de se trouver à des endroits normalement fréquentés par des enfants. À perpétuité, il sera interdit à Rousseau d’occuper un emploi auprès des enfants et de tenter de communiquer avec eux à l’aide d’un ordinateur.
«J’ai demandé à sortir de l’anonymat pour me libérer et démontrer aux autres femmes que c’est possible de s’en sortir. Ça vaut la peine!»
Très exceptionnellement, hier, Carole Warren, celle qui, étant enfant, a été violée à de multiples reprises par Jean-Jacques Rousseau, a demandé à la juge Hélène Bouillon de lever l’ordonnance de non-publication interdisant de publier son identité. La procureure de la Couronne, Me Sarah-Julie Chicoine, l’a fait en son nom, expliquant que Mme Warren songe à la possibilité d’écrire un livre si cela lui permet d’aider d’autres femmes ayant subi le même sort qu’elle.
Par la suite, l’élégante femme de 38 ans maintenant mère de famille a accepté de s’adresser aux représentants des médias pour expliquer davantage son geste. Le procès de son agresseur, estime-t-elle, a lui-même été libérateur pour elle. «Je n’étais pas consciente des conséquences des viols sur ma vie et sur celle de mon conjoint, a-t-elle déclaré. Je vivais quasiment une vie qui n’était pas la mienne. J’avais peur de parler, de ne pas être aimée.»
Incidemment, Mme Warren a écrit une lettre à son agresseur, en 2005. «Je te remets les conséquences de tes gestes : la honte, la saleté, la soumission, la répugnance, le dégoût, la peine, la déprime, l’angoisse», lui mentionne-t-elle entre autres pour bien démontrer sa délivrance de tous ces sentiments qu’elle réalisait ne plus lui appartenir. Puis, en un mot : «Tu as pris mon enfance!» Si l’enfant qu’elle était a tout subi en silence, sans dénoncer son agresseur, c’est parce que celui-ci utilisait le chantage et les menaces contre elle, a aussi expliqué Mme Warren.
Publié par : Marcel Charland
à 08:11:17
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